Un appel pour faire du sous-sol un sujet d'éducation
Mieux connaître le sous-sol national, c'est aussi donner à chacun les moyens de comprendre ses ressources, ses usages et les conflits qu'ils peuvent susciter. C'est l'ambition du volet formation du programme, qui vise à sensibiliser et former l'ensemble de la société, depuis la caractérisation géologique jusqu'aux dimensions économiques, juridiques et sociales, dans le contexte de la transition énergétique.
Pour structurer cette ambition, le programme a lancé l'appel à manifestation d'intérêt « Mener les transformations éducatives à la hauteur des enjeux du sous-sol pour le 21ème siècle ». Il invitait à proposer des actions de formation, d'éducation et de sensibilisation liées au sous-sol, dans toutes ses dimensions : géologie, droit, économie, sociologie, histoire.
Deux objectifs, un premier inventaire
L'appel poursuivait deux objectifs. Le premier : faire des transformations éducatives le moteur des évolutions à venir dans les métiers et les représentations du sous-sol, envisagé comme un bien commun à gérer durablement. Le second : structurer et animer une communauté vivante et innovante d'acteurs de la formation et de la médiation scientifique.
38 propositions sur tout le territoire
L'appel a recueilli 38 propositions couvrant l'ensemble du territoire national. Elles s'adressaient à des publics variés (élèves, étudiants, enseignants, acteurs socio-économiques, décideurs publics) et combinaient outils numériques, apprentissages de terrain, dispositifs documentaires, jeux sérieux et formation de formateurs. Deux projets ont été retenus.
Les deux projets lauréats
GéoReV conçoit une interface de réalité virtuelle libre et gratuite pour observer le sous-sol en trois dimensions : se déplacer face à un paysage ou un affleurement, mesurer des plans avec une boussole virtuelle, examiner des échantillons sous toutes leurs faces. Elle s'adresse aux élèves, aux étudiants, aux professionnels des géosciences et au grand public. Le projet est coordonné par Yves Missenard (Université Paris-Saclay, laboratoire GEOPS) et Jeanne Vézien (CNRS, laboratoire LISN).
SensMaTer vise à promouvoir une culture partagée du sous-sol et à renforcer l'attractivité des géosciences auprès des jeunes et du grand public. Il réunit quatre actions complémentaires : une « fresque des métaux » et un « atelier 10 tonnes » sur l'empreinte matière, une formation d'enseignants du second degré et un SchooLab avec des lycéens, un spectacle vivant né de résidences d'artistes, et une exposition itinérante autour du smartphone. Le projet est coordonné par Carole Cordier (Université Grenoble Alpes, laboratoire ISTerre).
Un réseau à construire
Au-delà de ces deux projets, le volet formation contribue à structurer un réseau national d'acteurs de la formation et de la médiation scientifique. Il participe aussi à cartographier les formations existantes et à identifier les besoins en compétences, pour renforcer la cohérence et la visibilité des actions pédagogiques liées aux sciences du sous-sol.