Dans le cadre du projet GOYAVES, Jean-Yves Puyo (UPPA) donnera le 15 octobre une conférence consacrée au Bureau Minier Guyanais (BMG), un épisode méconnu de l'histoire du sous-sol guyanais, entre 1949 et 1959.
Équipe de prospecteurs du BMG « en brousse communiquant avec Cayenne au moyen d’un poste-émetteur mobile type AN-GRC/9 » (Côte 19840348/22, AN Pierrefitte-sur-Seine)

Équipe de prospecteurs du BMG « en brousse communiquant avec Cayenne au moyen d’un poste-émetteur mobile type AN-GRC/9 » (Côte 19840348/22, AN Pierrefitte-sur-Seine)

BRGM

Une partie de l'équipe du projet GOYAVES sera en Guyane la semaine du 12 octobre. À cette occasion, Jean-Yves Puyo (UPPA) donnera une conférence ouverte au public le 15 octobre, de 18 h à 20 h, en amphi C du campus Troubiran de l’Université de Guyane.

Créé à la fin des années 1940, le Bureau Minier Guyanais a œuvré dans le domaine des ressources minières du territoire, mais pas seulement. Cet épisode, aujourd'hui mal connu, illustre l'avènement de l'aménagement du territoire « à la française » au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, sous la IVᵉ République : une politique volontariste d'un État centralisateur, destinée à rééquilibrer « hommes » et ressources sur l'ensemble du territoire national, y compris dans les nouveaux départements d'outre-mer issus de la loi du 19 mars 1946, dont la Guyane. Cette départementalisation répondait à un double contexte : la nécessité pour la France de montrer aux autres puissances qu'elle ne laissait pas ses territoires ultramarins en déshérence, et de fortes attentes locales, notamment en matière d'émancipation politique. Les espoirs se portaient alors sur la valorisation des ressources naturelles, celles du sous-sol, mais aussi forestières et agricoles, et sur l'amélioration des conditions de vie de la population.

Dissous en octobre 1959 au profit du BRGM, nouvellement créé, le BMG se distingue par deux faits majeurs. Les espoirs miniers ne se limitent plus à l'or : la bauxite, la tantalite, le colombium ou encore l'uranium entrent dans le jeu. Et la fin de la période voit le quasi-arrêt de l'exploitation aurifère, pour plusieurs raisons que le conférencier détaillera. Ce travail s'appuie en grande partie sur le fonds déposé par le BRGM aux Archives nationales, sur le site de Pierrefitte-sur-Seine, dans les années 1970.

Informations pratiques : conférence « Le Bureau Minier Guyanais : 10 ans au service de l'aménagement du territoire (Guyane française, 1949-1959) », par Jean-Yves Puyo, le 15 octobre, de 18 h à 20 h, amphi C, campus Troubiran.

Une conférence qui s'inscrit dans le projet GOYAVES

Cette intervention est issue du groupe de travail qui vise à synthétiser les données géologiques, écologiques, biophysiques, sociodémographiques et politiques disponibles à l'échelle de la Guyane. Ces connaissances existent, mais restent très fragmentées et peu capitalisées, faute d'outils et de programme d'archivage systématique, ce qui limite leur accès et entraîne parfois leur perte. 

Dans la tâche 1, consacrée à la compilation, l'homogénéisation et la banque de données, les équipes numérisent et géoréférencent les cartes géologiques les plus pertinentes, et mènent aussi une étude de « géo-histoire » du rôle que les décideurs publics ont attribué au sous-sol guyanais, depuis la période coloniale jusqu'aux politiques territoriales actuelles. Cette approche de long terme est essentielle pour comprendre la diversité des représentations qui traversent la société guyanaise lorsqu'il s'agit de développer les ressources, matérielles comme immatérielles, liées à son sous-sol. La conférence sur le BMG en est une illustration : elle éclaire une période clé de cette histoire.