Le projet LCA-SUB, coordonné par le BRGM dans le cadre du PEPR Sous-sol bien commun, vise à améliorer les méthodes et les données mises en œuvre dans la pensée cycle de vie pour évaluer les impacts environnementaux potentiels des utilisations du sous-sol français. Il développera des méthodes d'évaluation environnementale et les appliquera à des études de cas associées à l’exploitation des ressources minérales, d’énergie géothermique, et au stockage de CO2.

Enjeux

L’accès aux ressources minérales a été réaffirmé comme une question de sécurité stratégique par la Commission Européenne dans le contexte de mise en œuvre du Pacte vert pour l’Europe dont l’objectif est d’atteindre une neutralité climatique à l’horizon 2050. Le  récent « Critical raw materials act » européen vise notamment à établir un cadre garantissant un approvisionnement sûr et durable en matières premières critiques, à accélérer la production « durable » et à rapprocher l’Union européenne de ses ambitions climatiques. Toutefois, les matières premières jouent un double rôle quant aux 17 objectifs de développement durable établis par l’Agenda 2030 des Nations Unies, à la fois entravant et contribuant à leur réalisation (Mancini et al., 2019). Dans ce contexte, il est aujourd’hui nécessaire de disposer de données et de méthodes transparentes et fiables pour aborder la durabilité (en considérant ici sa dimension environnementale) d’un changement à grande échelle de la production et de l’approvisionnement en matières premières sur le territoire de l’Union européenne, dont potentiellement en France. 

Ces vingt dernières années, l’Analyse cycle de vie (ACV) fut plus largement mise en œuvre pour évaluer les impacts environnementaux potentiels des utilisations du sous-sol. Son développement et son application sont nécessaires afin de contribuer au débat sur l'utilisation durable du potentiel du sous-sol.

Objectifs

Le projet LCA-SUB vise à faire progresser de manière significative les méthodes de la Pensée Cycle de Vie pour l’évaluation environnementale, grâce à une combinaison innovante d'approches et d'outils. La mise en œuvre des méthodes développées à des études de cas  associées à l’exploitation des ressources minérales, d’énergie géothermique, et au stockage de COpermettra d'élaborer de nouvelles données ACV complètes, cohérentes et représentatives. Le projet contribuera par ailleurs à la structuration et au renforcement de la communauté de recherche ACV en France. Il développera en particulier des approches et des modèles qui s'appuieront sur une interaction avec d'autres PEPR. 

Résultats attendus 

LCA-SUB fournira ainsi une évaluation environnementale des perspectives offertes par l'exploitation potentielle future du sous-sol français. Cette évaluation prendra en compte, et discutera, des menaces et des opportunités en ce qui concerne les défis environnementaux à la fois locaux et globaux. Il livrera en particulier une analyse sur les potentiels transferts d'impacts qu'impliquerait une telle exploitation du sous-sol français, dans une approche multidimensionnelle; c'est-à-dire en tenant compte de potentiels transferts d'impacts respectivement entre diverses catégories d'impact environnemental, dans le temps et entre les régions du monde. 

Co-responsables

Antoine Beylot, ingénieur de recherche BRGM, coordinateur du projet
Antoine Beylot
Ingénieur de recherche BRGM, coordinateur du projet
Guido Sonnemann, Professeur titulaire, Université de Bordeaux, co-porteur du projet
Guido Sonnemann
Professeur titulaire, Université de Bordeaux, co-porteur du projet

Antoine Beylot est ingénieur de recherche au BRGM depuis 2011. Ses activités de recherches portent sur l'ACV et l'Analyse Entrées-Sorties, avec application à la production de matières premières (primaires et secondaires), dont les métaux. Il a été chargé de projets au Centre Commun de Recherche (CCR) de la Commission Européenne en 2018-2019. De retour depuis 2020 au BRGM, il est actuellement, et a été, impliqué dans des projets de recherche européens et français relatifs à la Pensée du Cycle de Vie appliquée aux matières premières ; dont en particulier : TranSensusLCA (cofinancement Horizon Europe ; 2023-2025), HiQ-LCA (cofinancement EIT Raw Materials ; 2023-2025), H2020 INTMET, ITERAMS, IMPACT, SLIM (clos en 2020).

Publications

 

Guido Sonnemann est professeur titulaire à l'université de Bordeaux où il dirige le Life Cycle Group CyVi à l'Institut des Sciences Moléculaires de l’Université de Bordeaux. Ses travaux de recherche se concentrent sur l'approvisionnement responsable et l'analyse du cycle de vie en vue d'une chimie et d'une science des matériaux durables. Il a publié plus de 100 articles, et son H index est 35 selon Scopus (2023). Actuellement, il occupe le poste de directeur du programme pour la participation de son université au KIC EIT Raw Materials et il est coordinateur du programme du Master International sur le Recyclage Innovant des Matériaux Avancés (AMIR). Il est également cofondateur et vice-président du comité exécutif du Forum pour la Durabilité par l'Innovation du Cycle de Vie (FSLCI). Jusqu'en 2012, Guido Sonnemann était responsable du programme d'innovation durable et le point focal scientifique pour le sous-programme "Efficacité des ressources" du PNUE. Il a obtenu son doctorat en génie chimique à l'université Rovira & Virgili, en Espagne (2002), une maîtrise en chimie environnementale à l'université de Poitiers, en France (1996), et un diplôme d'ingénieur en environnement à l'Université Technique de Berlin (1995). il est actuellement impliqué dans des projets de recherche européens et français (PEPR H2, REYCLAGE ; SPLEEN et TASE) relatifs à l’Analyse du Cycle de Vie pour la transition énergétique; dont en particulier à niveau Européen : TranSensusLCA (cofinancement Horizon Europe ; 2023-2025), HiQ-LCA (cofinancement EIT Raw Materials ; 2023-2025), LuxHyVal (cofinancement Horizon Europe ; 2023-2025).

Publications

Partenaires 

  • BRGM (établissement coordinateur)
  • Université de Bordeaux
  • Ecole Nationale Supérieure des Mines de Paris 
  • Commissariat à l'Energie Atomique et aux Energies Alternatives
  • IFP Energies nouvelles
  • Institut national de l'environnement industriel et des risques
  • Institut de Recherche pour le Développement