Le programme a organisé sa première école d'été à Anglet, du 9 au 11 juin 2026, réunissant doctorant·es et postdoctorant·es de l'ensemble du programme autour d'une thématique scientifique commune : l'hydrogène natif. Une expérience pensée comme l’évènement annuel de collaborations et d'échanges entre jeunes chercheurs aux spécialités très diverses.
18 juin 2026

Une école d'été pour tisser le réseau scientifique du programme

Depuis sa création en 2022, le programme s'est déployé à travers différents territoires et projets : du Fossé rhénan au Bassin aquitain, du Massif central à la Guyane, en passant par le Bassin parisien, chaque site régional concentre ses propres enjeux scientifiques et socio-territoriaux. Mais au cœur du programme se trouvent les doctorants et postdoctorants, dont les travaux constituent le moteur scientifique du programme.

C'est pour renforcer les liens entre ces jeunes chercheurs, souvent engagés dans des questions très spécifiques et parfois isolés dans leurs laboratoires respectifs, que le programme a lancé sa première école d'été. L'objectif était triple : permettre à chacun de mieux connaître les travaux des autres, développer une culture scientifique commune autour d'une thématique transverse, et créer les conditions pour des collaborations futures.

Trois jours autour de l'hydrogène natif

Le choix de Anglet, au cœur du Bassin aquitain, n'était pas anodin. Cette région possède une histoire géologique et industrielle exceptionnelle : du gaz naturel exploité depuis plus d'un siècle à la recherche actuelle sur l'hydrogène natif, le bassin aquitain concentre des enjeux scientifiques majeurs pour le programme.

Jour 1 : contextualiser et comprendre

Le mardi 9 juin a débuté par une série de présentations théoriques, destinées à donner à tous les participants les clés scientifiques pour converger vers une compréhension commune. Des intervenants académiques, industriels et en sciences sociales ont présenté les travaux actuels sur la caractérisation et la génération de l'hydrogène natif dans le Bassin aquitain, les processus d'exploration, et les dynamiques de médiatisation du sujet.

Ces interventions croisées ont fourni aux jeunes chercheurs un socle commun : d'où vient l'hydrogène natif, comment l'explore-t-on, comment en parle-t-on. Une base solide pour les jours suivants.

Ecole d'été 2026, excursion sur le plateau du Bénou

Jour 2 : voir, explorer, mesurer

Le mercredi 10 juin, les participants ont quitté la salle de conférence pour le terrain. Une première partie, en bus, a permis de traverser le bassin de Lacq et son paysage industriel remarquable : puits historiques, installations chimiques reconverties, lotissements industriels développés autour des gisements de gaz soufré. Cette excursion a donné une dimension concrète à l'histoire de l'exploitation du sous-sol en Aquitaine.

L'après-midi, sur le plateau du Bénou, la dimension scientifique s'est affirmée. Un géologue a guidé les participants à travers la topographie et la géologie du site, puis tous ont participé à des mesures d'hydrogène dans le sol, à différents endroits et différentes profondeurs. Un moment clé : constater par soi-même les variations spatiales de la remontée d'hydrogène, comprendre les facteurs géologiques qui la contrôlent, poser des questions. Une pédagogie de terrain qui transforme la compréhension théorique.

Atelier cartographie d'acteurs

Jour 3 : collaborer et créer du sens

Le jeudi 11 juin a marqué le point fort de l'école d'été. Après que chaque doctorant et postdoctorant ait brièvement présenté ses travaux, l'ensemble du groupe s'est lancé dans un atelier collaboratif original : identifier et cartographier les acteurs impliqués dans les projets d'exploration et d'exploitation d'hydrogène, en soulignant les enjeux et questions de recherche associés à chaque catégorie.

Guidés par la direction du programme et les responsables de projets, les jeunes scientifiques ont décortiqué les stratégies et rationalités de différents groupes d'acteurs :

Les scientifiques : entre responsabilité académique, production de savoirs utiles et intérêts économiques. Quelles sont les questions scientifiques prioritaires ? Quel est le rôle politique du scientifique ?

Les industriels : fonds d'investissement, acteurs établis, start-ups. Pourquoi investit-on massivement dans une ressource encore très incertaine ? Quels sont les business models ?

Les politiques (aux échelles nationale et régionale) : comment se prennent les décisions ? Comment l'État arbitre-t-il entre coût et bénéfice ? Quelle est la régulation prévue ?

Les citoyens : riverains, militants, habitants des zones rurales ou urbaines, majorité silencieuse. Comment naissent et se déploient les mobilisations locales ? Comment convergent les luttes sur le terrain ?

Cet exercice de cartographie des acteurs et de leurs logiques a permis à chacun d’apporter son expertise et ses observations, de percevoir son propre travail de recherche dans un écosystème plus large, de comprendre où se nouent les tensions, les opportunités, les questions restées ouvertes.

Convergence territoriale et scientifique

Pendant ce temps, le comité de programme se réunissait en parallèle à Anglet, réunissant responsables de projets et membres de la direction. Ces réunions annuelles, qui chaque année se déroulent dans l’une des région étudiée (Fossé rhénan l'an dernier, bassin aquitain cette année, Massif central l'an prochain), sont des moments cruciaux d'échange sur l'avancement du programme, ses aspects administratifs, les futurs appels à projets, et les orientations scientifiques.

Réunir à Anglet à la fois les jeunes chercheurs et les responsables de projets a créé une dynamique de convergence essentielles. Des échanges informels entre générations ont pu émerger. Les jeunes chercheurs ont vu de près comment fonctionne la gouvernance d'un grand programme. Les responsables de projets ont pu mesurer la richesse et la diversité des travaux en cours.

Un succès à renouveler

L’exercice de cartographie des acteurs, en particulier, a montré comment une méthode simple peut devenir un outil puissant de compréhension scientifique collective. Les retours des participants ont été enthousiastes : occasions rares de croiser d'autres jeunes chercheurs du programme, climat de libre échange, opportunités de créer des liens.

L'édition 2027 se tiendra dans le Massif central, explorant une autre thématique scientifique transverse, et contribuera à densifier le réseau des jeunes chercheurs du programme.