C'est au Centre Historique Minier de Lewarde, site inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, que s'est tenu le 10 avril 2026 le lancement du projet GEOTHERBAMINE. Consacré à la compréhension des circulations de fluides dans le sous-sol du bassin minier du Nord–Pas-de-Calais, ce projet vise à évaluer le potentiel géothermique d'un territoire aussi complexe géologiquement que densément habité et industrialisé.
18 septembre 2026

Une journée de lancement, entre institutions et recherche

Plus de trente personnes, chercheurs, partenaires industriels et représentants institutionnels, se sont réunies pour cette journée en format hybride. Franck Bourdelle, coordinateur du projet (CY Cergy Paris Université), a ouvert la session aux côtés de Xavier Arnauld de Sartre (CNRS), co-directeur du programme, venu présenter le programme dans son ensemble — ses objectifs, sa diversité et son organisation. Ronan Hébert, vice-président adjoint de CY Cergy Paris Université en charge des Transitions, a rappelé la place stratégique qu'occupe la géothermie dans la stratégie de l'établissement, tandis que l'ANR est revenue sur son rôle d'accompagnement du projet, tant sur le plan administratif que financier.

Cinq work packages pour cartographier un système géothermique complexe

La matinée a été consacrée à la présentation des axes scientifiques du projet. L'étude des circulations de fluides passées et actuelles, à travers une approche géochimique et minéralogique, ouvre la réflexion — avec, en toile de fond, le défi de l'échantillonnage in situ. Vient ensuite la caractérisation des propriétés pétrophysiques et mécaniques des roches réservoirs ciblées, avant qu'une modélisation 3D de la structure du bassin minier ne permette d'en saisir les limites souterraines, d'identifier les voies préférentielles de circulation des fluides et de retracer l'histoire de la mise en place du géosystème actuel.

L'après-midi a permis de relier ces différents travaux entre eux, en vue d'une modélisation complète de la thermicité du bassin et de l'identification des zones à fort potentiel géothermique. Le projet ne s'arrête pas à la frontière : une présentation du versant belge du bassin minier, par l'UMons, est venue enrichir la réflexion en mettant en regard atouts et contraintes du territoire. De son côté, ENGIE a partagé sa propre stratégie d'exploration géothermique dans le Nord–Pas-de-Calais, menée en parallèle de GEOTHERBAMINE selon une approche complémentaire.

L'acceptabilité sociétale au cœur du projet

Dernier axe présenté, et non des moindres : la manière dont le projet entend intégrer l'acceptabilité sociétale à l'identification des zones à fort potentiel géothermique. Les échanges ont insisté sur le rapport particulier qu'entretiennent les habitants du bassin minier avec les géorisques, façonné par un passé minier encore très présent. Les discussions avec Xavier Arnauld de Sartre sur ce volet ont été particulièrement suivies, et orienteront la suite des travaux.

Une journée conclue par la visite du site

La session s'est achevée par les remerciements de Franck Bourdelle à l'ensemble des participants, avant qu'une quinzaine d'entre eux ne prolongent la journée par une visite du Centre Historique Minier et de son musée. Les retours, unanimement positifs, augurent bien du lancement de ce nouveau projet.